Bolivie
La période relative à la Bolivie est couverte en 4 articles : Copacabana et le Titicaca, La Paz et ses alentours, les mines de Potosie et enfin le fameux et magnifique Salar de Uyuni. Les articles sont par contre présentés par ordre antéchronologique, du plus récent au plus ancien, 1 par page.
La période relative à la Bolivie est couverte en 4 articles : Copacabana et le Titicaca, La Paz et ses alentours, les mines de Potosie et enfin le fameux et magnifique Salar de Uyuni. Les articles sont par contre présentés par ordre antéchronologique, du plus récent au plus ancien, 1 par page.
francoisjeudy
21/06/2013
Il est possible de visiter le Salar de Uyuni de mille manières différentes et les agences vous y emmenant depuis Uyuni, Tupiza ou San Pedro au Chili, sont à peu prés aussi nombreuses. Il est donc difficile de faire son choix une fois sur place. Quelles agences ont des 4x4 vieillissants risquant de tomber en panne? Lesquelles ont les meilleurs guides? etc... La seule manière de se faire une opinion valable nous semble être de demander aux personnes qui en reviennent. Certains ont eu des pannes, d'autres des chauffeurs renfrognés et pressés, mais enfin nous en trouvons un satisfait de son agence, également recommandée par des amis à lui. Il s'agit de Betto tour (si jamais l'envie vous prend d'aller faire un tour là-bas un week-end vous voilà maintenant bien informés). Elle est un peu plus chère pour le tour de 4 jours mais nous préférons assurer nos arrières afin de ne pas voir notre visite de cet endroit unique gâchée par un ennui quelconque. Le tour classique est de 3jours, mais celui de 4 permet d'une part de traverser le Salar 1 fois de plus et d'autre part donne la possibilité de faire l'ascension du volcan Utupa, situé à la bordure nord du désert de sel. C'est seulement au sommet de ce dernier que l'on prend vraiment ddans la vue de plein fouet toute l'étendue des 12000km carrés du Salar. A couper le souffle ! (la vue aussi bien que l'ascension d'ailleurs!)
Jour 1 - Samedi 25 mai
Une des raisons du choix de notre agence fut également qu'elle nous faisait partir directement avec un groupe de 4jours (au lieu de faire le 1ier jour avec des gens ne faisant qu'une excursion d'une journée et de rejoindre ensuite un groupe de 3jours). Bon... sur les 4 personnes que nous rencontrons dans notre voiture le matin seules 2 ont effectivement prevu de faire le tour de 4 jours... Mais n'oublions pas que nous sommes en Bolivie, un tour operateur qui ne pipote qu'à moitié, c'est déjà pas si mal! Nous avons donc avec nous 2 françaises, Stephanie et Caroline (des docteurs généralistes faisant des remplacements... Ce qui n'est pas sans nous rappeler quelqu'un:p), un japonais excentrique, Takka (oui ce n'est qu'un diminutif, mais franchement vous aussi vous auriez eu du mal avec la version longue!), un vieux polonais taciturne, Antony et enfin notre guide/chauffeur, Edwin.
Nous commençons cette première journée par la visite d'un cimetière de train. Ces derniers servaient au transport des minerais vers le Chili. Mais je ne saurais pas vous en dire beaucoup plus car Edwin ne parle pas anglais et pas un seul membre de notre groupe ne parle un espagnol correct (honte sur nous oui oui on sait, mais dites vous que c'est pour une fois Anaïs et moi qui nous debrouillions les mieux... Situation que nous retrouverons en Argentine avec 2 hollandais qui nous accompagneront plusieurs jours et nous enverront faire les discussions en espagnols lorsque nécessaire... Je ne vous dis pas à quel point il faut etre désespéré pour m'envoyer moi faire la traduction en espagnol...) bref donc nous n'avons pas trop de détail sur ces vieilles locomotives rouillées mais ce n'est pas très grave car très vite on remonte tous dans le 4x4 et roulons vers le Salar! L'excitation nous gagne, nous attendons ce moment depuis longtemps, et pour cause, quasiment tous les gens croisés depuis le debut de notre voyage au Mexique nous en ont parlé! Il faudra cependant patienter encore un peu avant la grande étendue blanche à perte de vue, nous arrivons tout d'abord dans un petit vilage vivant de l'exploitation du sel. Et là j'ai pas mal d'info (haha! vous avez cru que vous y échapperiez sur cet article, hein bande de chenapans? "Pardait, ils n'ont rien compris à ce que leur a dit leur guide, il ne va pas pouvoir nous bassiner avec ses histoires barbantes, etc etc.." et ba si! Je me suis approché d'un autre guide parlant anglais et j'ai entendu tout plein de choses!). Mais je vous la fais courte allez. Pourquoi une telle quantité de sel n'est elle pas exploitée industriellement, au lieu de quelques paysans allant le récolter avec des brouettes ? D'une part ils n'ont pas les infras, ni l'argent pour les mettre en place et d'autre part il n'y a tout simplement pas de marché, n'importe quel pays ayant une mer est capable d'en exploiter le sel facilement. On a donc quelques petites exploitations pour un marché exclusivement bolivien et aucune exportation. Ils en retirent l'eau sur place (en formant des tas côniques), le recoltent, le sèchent au dessus d'une sorte de four, le broient en le mélangeant à de l'iode (sans quoi il est toxique) et l'empaquetent. Voila vous voyez c'était court:)
Nous arrivons enfin sur l'étendue sans fin du desert de sel. A perte de vue, tout autour de nous c'est une plaine blanche que nous avons sous les yeux, sur laquelle se dessine des formes hexagonales (dues à l'évaporation et à la struture du minéral). C'est un paysage véritablement hors du commun sur lequel il est absolument impossible d'avoir une notion des distances. Un rocher emergent du sol peut effectivement être un rocher à quelques centaines de mètres ou bien une véritable île de 50m de long à plus d'une heure de voiture! Du coup, c'est assez connu, il est possible de faire tout plein de photos rigolotes en trompant les perspectives, par exemple en donnant l'impression que l'on tient une personne dans sa main. Allez voir les photos en ligne, ça sera tout de suite plus claire (même s'il faut tout de même avouer que mes explications sont on ne peut plus limpides!... N'est ce pas?... Non?... Quelqu'un?).
Bref après une séance photo plutôt folklorique nous traversons tout le nord du Salar pour se rendre au pied du volcan Utupa, où nous passerons la 1iere nuit. De petites lagunes bordent le Salar à proximité du village. Le coucher de soleil, majestueux de lui même, s'y reflète tel un miroir parfait le sublimant 1000 fois. Je pourchasse les pauvres flamands roses se reposant là afin que ces feignasses s'envolent et nous permettent de prendre leur vol en photo mais c'est un échec (mais il y aura d'autres occasions mes mignons... Gniiiii hi hi hii).
Jour 2 - Dimanche 26 mai
Après avoir assisté au somptueux lever du soleil sur le salar nous commençons l'ascension du volcan. Nous faisons tout d'abord une halte dans une grotte où toute une famille de momies à
Enfin l'ascension commence réellement. Nous croisons quelques troupeaux de lamas puis plus âme qui vive (heureusement car l'autre possibilité est une rencontre sans doute désagréable avec des pumas...). Assez vite Caroline et Stéphanie abandonnent mais avec Takka nous persévérons. Plusieurs belvédères nous offrent une vue imprennable sur le Salar, il est immensément grand c'est à peine croyable. La dernière partie de la marche pour arriver au bord du cratère est relativement compliquée : fortement pentue et pierreuse, une pierre tres rouge, nous glissons d'un pas en arrière tous les 2 pas. Mais au bout de 2h45 nous y sommes et la récompense est au bout du chemin! Les bords du volcan au dessus du Salar donnent une vue encore plus fabuleuse que tout ce qu'on a pu voir jusque là en montant. L'effort fourni est bien entendu lui aussi extrêmement gratifiant!
Nous filons ensuite à travers le désert à bord du 4x4 pour rejoindre
D'énormes cactus la percent de toute part, certains font plus de 5 mètres de haut et facilement 50 à
Jour 3 - Lundi 27 mai
Nous disons au revoir au Salar et nous nous dirigeons vers le sud juste au dessus de la frontière chilienne. Le décor change complètement, nous traversons maintenant de grandes plaines de terre aride, entourées par d'anciens volcans enneigés. Ces paysages quasi-lunaire sont époustouflant de beauté. On y ressant une certaine tranquillité, surtout en repensant au chaos qu'il devait y régner il y a seulement quelques millions d'années, en pleine activité de tous ces volcans! Une large palette de couleur s'étale sous nos yeux, du jaune au marron en passant par l'orange et le rouge. Nous finissons par arriver à une première lagune, d'un bleu profond, et gorgée de flamands roses. Incroyable panorama! Cette fois je m'approche d'un groupe de flamands avec la discrétion d'un chat (bon ok peu crédible, et absolument pas nécessaire d'ailleurs, ces derniers n'ayant aucune crainte et intérêt pour nous pauvres humains ridicules). Du coup les cris ne suffisent pas à les faire s'envoler, il faudra que je jette une pierre non loin d'eux pour qu'enfin ils réagissent! Oui ba ça va! Ils n'avaient qu'à s'enfuir à notre approche comme tout bon animal qui se respecte...
Nous passerons par 4 lagunes en tout ce jour là puis arriverons à l'endroit que j'attendais avec impatience : le fameux arbre de pierre. Gros rocher attaqué par le vent ayant pris petit à petit la forme d'un arbre et tenant debout sur son "tronc" par un equilibre quelque peu surréaliste! J'adore!
Nous passons notre dernière nuit dans un hotel perdu au milieu de nulle part, où l'électricité est délivrée par un générateur de 18h à 22h. Nous sommes à 4500m, sans chauffage, la nuit promet d'être intéressante. Par contre tout n'est pas à plaindre car à proximité se trouve une source d'eau chaude où une petite piscine a été aménagée. C'est sous un ciel étoilé par la voie lactée que nous en profiterons avec Julie, Stephanie et Nans. Stéphanie y perdra mystérieusement son bonnet... Elle l'avait laissé sur le bord et il se trouve que j'ai fait quelques bombes dans l'eau (oui pour embêter les filles, on est obligé d'embêter les filles dans une piscine c'est la loi!), du coup tout a fait injustement la culpabilité m'est retombée dessus. Un véritable scandale;) Nous finirons la soirée autour d'un petit jeu de carte, auquel Anaïs et moi finissons dernier et avant-dernier la classe. Ici c'est Paris!).
Jour 4 - Mardi 28 mai
Ayant survécu à cette nuit relativement froide nous reprenons la route pour les 2 dernières étapes de notre excursion avant le retour sur Uyuni : la lagune rose et la lagune verte. La première est immense et pleine de flamands roses. L'eau en est véritablement rose, c'est impressionnant (du fait de sédiments ou micro algues je ne sais plus trop). La deuxième est moins imposante, mais située au pied de l'imposant volcan Licancabur, culminant à 5960m. Sa couleur verte lui est donnée par des composants toxiques (encore, je ne sais plus lesquels), et du coup aucun flamand rose en vue (tant mieux, ils sont énervants à la fin;)).
Il est alors temps de rentrer, 7h de route nous attendent. Nous traversons avant de sortir de ce fabuleux parc naturel le dersert de Dali. Dunes brunes de sable lisse parsemées de ci de là par des espèces de monolithes de pierre donnant à ce paysage une nature surréaliste tout à fait appropriée à son nom.
Après une pause au village de San Cristobal, relativement riche du fait de l'exploitation des mines d'or aux alentours, nous arrivons enfin! Nous sommes exténués, malheureusement il n'y aura pas de lit confortable pour nois ce soir là. C'est dans le train pour Tupiza que nous dormirons (enfin, essaierons en tout cas). Par contre à Tupiza nous nous reposerons 4 jours avant de partir pour l'Argentine. La region offre de très belles balades dans de nombreux canyons de pierres toutes couleurs, rouge, vert, roses, bruns, oranges, c'est incroyable de voir tant de diversité. La forme des roches est extrêmement variée également. Nous croisons beaucoup de gigantesques troupeaux de chèvres lors de ces balades (facilement plus de 200 éléments dans chaque), dont une horde de chevreaux coincés au somment d'une paroie rocheuse... On les a observés pendant 15 bonnes minutes sans qu'ils ne trouvent un, moyen de descendre... Mais que les âmes sensibles se rassurent à notre retour 2h plus tard ils n'étaient plus là (remarque ils sont peut être tous tombés et morts de l'autre côté pour ce qu'on en sait...).
Enfin, le dimanche 2 juin nous prenons un bus pour la frontière argentine et entamons notre long voyage dans ce fabuleux pays. Juste derrière le poste de douane un panneau indique "Ushuaia - 5200km":) C'est parti!
francoisjeudy
11/06/2013
Potosie est une ville minière depuis plus de 450 ans. La visite de ses mines insalubres en est ainsi l'attraction principale (voire la seule). Arf désolé mais je vais être obligé de faire un peu d'histoire. Ce sont bien entendu les espagnols qui, découvrant les très importants gidements d'argent de la montagne avoisinante, vont littéralement esclavagiser la population locale pour la faire extraire le précieux métal. On dit que les espagnols ont extrait tellement d'argent de la montagne de Potosi qu'ils auraient pu construire avec un pont reliant l'Amérique à l'Espagne et continuer d'en acheminer dessus... Afin de mater les révoltes, ils créèrent une divinité diabolique à qui appartiendrait tout ce qui se trouve sous terre et prétendirent aux indigènes que celle-ci les punirait si ils ne travaillaient pas. Les espagnols l'appelaient el Dio, mais sans la lettre D dans l'alphabet Quechua, ces derniers prononçaient El Tio. Ce nom et la coutume d'adoration de cette entité à l'intérieur des mines est restée, perdurant même après la libération du jout hispanique. Aujourd'hui les boliviens sont catholiques pour la plupart mais pour eux Jesus n'a plus de pouvoir dans les mines, c'est en Tio qu'ils croient sous terre. Dans chaque mine de la montagne (il y en a 500 et plus de 250 encore en activité), au moins une statue du Tio est présente, où les mineurs viennent faire des offrande (feuilles de coca, cigarettes, alcool,... (ils pensent à la santé du Tio je crois)) afin qu'il les protège des accidents, et leur fournisse de bons filons. Régulièrement ils égorgent également des lamas à l'entrée des mines et en aspergent les murs de sang afin que le Tio boivent ce sang là plutôt que celui des mineurs (regardez la photo de groupe à l'entrée de la mine que nous avons visité, on voit les giclées de sang sur les murs à droite). Aujourd'hui plus de 12000 hommes travaillent dans ces mines (les boliviennes n'y sont pas autorisées car cela pourrait rendre jalouse la Pacha Mama (mère nature)). Certaines de ces mines s'enfoncent à plus de 2km de leur entrée et 1km de profondeur. Il y fait une chaleur abominable, et bien entendu sans aucun système d'aération. Les mineurs ont une espérance de vie 10 à 15 ans une fois entrés là-dedans. Ils meurent généralement de Silicose, une maladie des poumons, ou de cirrhose (ils boivent de l'alcool à 96 degré! Sur la bouteille il est inscrit "Alcool potable", c'est juste abominable), ou bien d'accident : éboulement ou empoisonnement au monoxyde de carbone. Je rajouterai que plus de 800 enfants y travaillent encore aujourd'hui, certains dés l'âge de 10 ans. Nous en avons pour notre part croisé un de 14 ans. Généralement leur père est mort jeune ce qui oblige les enfants à mettre la main à la pâte pour subvenir aux besoins de la famille, dans ces conditions de misère deplorable.
Nous partons donc visiter les mines dés le matin de notre arrivée à Potosi. Tout d'abord on nous équipe : sur-pantalon, veste, bottes, casque et lampe frontale, ensuite nous faisons un stop au marché des mineurs pour leur acheter des cadeaux comme le veut la coutume : feuilles de coca, cigarettes, sodas, alcool et même de la dynamite... Oui à Potosi la dynamite est en vente libre... Et un baton coûte seulement 20bs, c'est a dire 3$... Avec un polonais de notre groupe, Bastek (orthographe non certain), nous hésitons à en prendre une pour aller la faire exploser qqpart (oui les garçons ça aime les pétard et là on pourrait difficilement faire plus gros!:)). Mais après un peu de réflexion nous nous abstenons. Nous pénétrons alors dans une mine, en file indienne derrière notre guide. Ce dernier ne nous rassure pas beaucoup car en nous parlant il tremble à moitié et se couvre de sueur. Soit il est malade soit en état de manque, et vu les habitudes locales je pencherais plutôt pour la 2ème option. Enfin bref, on y est. Rapidement le couloir s'étrécit et le plafond se rapproche. Quasiment constamment pendant nos 3h sous terre, j'aurai la tête penchée pour avancer (quand ce n'était pas le dos courbé). Au bout de 5 min, un allemand de notre groupe a du mal à respirer et fait demi tour. Plusieurs fois nous devons nous écarter pour laisser passer des mineurs poussant un vagonnet. Il n'y en a qu'au niveau principal, pas de rail dans les niveaux inférieurs seulement des treuils électriques (dans les mines un peu plus riches, sinon c'est manuel) pour remonter les sacs de minéraux de 250kg amassés en profondeur. Le week-end précédent il y a eu une grande fête dans les mines, il n'y a donc pas beaucoup de mineurs au travail ce jour là, notre guide a du mal à les trouver. Nous descendons de 15m par d'étroits conduits, faisons limite de la spéléologie, à plat ventre à certains endroits pour enfin en entendre puis en observer creuser la montagne à la pelle. Leurs conditions de travail sont vvéritablement horribles. Nous venons d'y passer à peine 2h mais ne désirons qu'une chose c'est sortir, et eux ils y travaillent 8 à 10h non stop par jour, et doivent y retourner le lendemain... Je descends creuser avec eux, après avoir rempli 2 fois le sac de 250kg à la pelle je suis exténué, eux le font toute la journée en respirant de la poussière continuellement. Ici ils sont 4 ou 5 à travailler ensemble, ils se partageront le prix de vente des minéraux extraits entre eux exclusivement. Il n'y a pas de salaire fixe, chacun touche en fonction de ce que son groupe extrait. En moyenne un adulte touche environ 100bs par jour (14 $) ce qui est un peu plus que le salaire minimum en Bolivie, un enfant 5$. Enfin nous ressortons, et ce n'est pas pour nous déplaire. Ces mines sont vieilles et suffocantes, personnes n'est à l'abris d'un accident. Après 3h sous tension constante nous nous relachons enfin. Franchement ayant été temoin de ces vies de labeur misérable on se dit que nous y repenserons à 2 fois avant de nous plaindre des petits inconvénients des notres.
Le soir nous prenons un verre avec Bastek et Monika, couple de polonais voyageant 6 mois en Amérique du sud et essayons les cigarettes artisanales sans filtres (pff pourquoi faire?) des mineurs (surprises, elles sont absolument infectes!).
Le lendemain, mardi 21 mai (bon anniversaire Floriane!), nous partons pour Sucre, ville blanche au centre colonial absolument magnifique, ou nous retrouverons pendant 3j nos 2 polonais avant que nos chemins se separent. Ici nous en profiterons surtout pour nous reposer avant le Salar de Uyuni : beaucoup de simples balades dans la ville elle-même et dans les environs, notamment aux 7 cascades. Pour nous y rendre nous prenons un bus public jusqu'à son terminus puis marchons dans la campagne pendant 1h. Nous arrivons alors dans ce petit canyon ravissant où une petite rivière parcourt 7 plateformes successives, formant ainsi 7 petites cascades et 7 piscines naturelles. Malheureusement l'eau est vraiment glaciale et en l'absence de soleil ce jour là je ne parviens pas à me jeter à l'eau... (honte à moi je sais mais j'aurais bien voulu vous y voir). Nous y observons que les boliviens ont encore quelques progrès à faire sur certains points : tout d'abord sur le ramassage de leurs déchets qui dégradent cet endroit magnifique et ensuite sur le traitement des animaux. Je ne suis pas sûr que pendre un chiot à un arbre et le laisser comme ça à la vue des promeneurs que nous sommes est une pratique qui plairait beaucoup à Brigitte. Hummm sympatique tout ça. Enfin sinon Sucre nous plait beaucoup, on y mange dans les comedors pour presque rien, et nous decouvrons les Buolenos, sorte de gros beignet sucré super bon qui ne coûtent que 50 centimos. Ca veut dire qu'il faut en acheter 14 pour faire 1$ !!! Oh que j'aime la Bolivie!! (honnêtement je ne sais vraiment pas comment j'ai pu maigrir dans ce pays!). Un soir nous visionnons dans un bar un documentaire sur la vie d'un gamin travaillant dans les mines de Potosi. Vraiment soyez heureux d'avoir eu la chance de naître et grandir en
Europe, y a pas photo.
Enfin le repos s'achève, le vendredi 24 mai nous prenons le bus pour Uyuni d'où nous partirons visiter le Salar, fameux desert de se gigantesquel, et les lagunes au sud de la Bolivie, pendant 4 jours... A suivre!
Death Road and Wrestling around Lapaz
francoisjeudy
08/06/2013
Comme promis, voici la suite de nos aventures à Lapaz!
Oh joie! Le vendredi 17 mai, il est temps pour nous de risquer le tout pour le tout et de descendre la route de la mort en vélo! Pour payer le moins cher possible nous optons pour les VTT les plus bas de la gamme de l'agence (mais rassurez vous Marie-Françoise, ils avaient tout de même de bons pneus, bons freins a disques et des suspensions à l'avant, et puis si j'écris tout ça c'est qu'on s'en est sorti finalement!). L'agence nous acueille le matin avec un gros petit déjeuner auquel je fais grandement honneur (manger - gratuit), et où nous faisons connaissance avec notre groupe de bikers de l'extrême : un français, Quentin, un suédois, Chris, deux anglais, Jake et Chris, et un couple d'allemand très sympa mais dont j'ai oublié les noms (oui je sais vous vous en fichez complètement de toute manière). Bref ce groupe était vraiment bien, tout le monde très ouvert et assez drôle.
Le minibus avec les vélos sur le toit nous monte en haut de la montagne d'où doit partir la descente, d'abord sur une portion de route d'asphalte, pendant 1h, puis sur la fameuse route de la mort qui est plus un chemin de caillou longeant un ravin dans la jungle qu'une véritable route (pourtant les voiture y roulaient à double sens...). Mais nous jouons de malchance : d'une part les conditions météorologiques sont désastreuses (de la neige au sommet nous oblige à descendre une partie en bus avant de pouvoir enfourcher les vélos, puis nous aurons de la pluie sur une grande partie de la descente) et d'autre part une partie de la route principale est fermée pour travaux ce qui veut dire que les voitures sont déviées sur la route de la mort, il faudra donc faire avec. Tout ceci donne un petit ton de danger supplémentaire non désagréable:) Ce qui est dommage c'est que la brume nous empêche de profiter pleinement du paysage censé s'offrir à nous par delà le ravin. Ça le ravin, pas de souci on le voit bien, c'est bon il est là, mais ce qui pourrait compenser ce monde de brute par un peu de beauté...non. Qu'à cela ne tienne, c'est parti pour une grande descente de VTT! Debout sur les pedales, à toute blinde juste derrière le guide, nous ne tardons pas à semer le reste du groupe, dont la marche est fermée par un 2ème guide (en cas de problème ou casse) et le minibus. Mais de nombreuses haltes sur les 3h de descente nous permettent de nous regrouper régulièrement. La route est gadoueuse, et de plus elle passe sous plusieurs chute d'eau, nous sommes trempés et couvert de boue, les doigts engourdis, c'est vraiment génial! :) (je ne suis pas sûr qu'Anaïs l'aurait racconté avec autant d'enthousiasme, mais elle a bien kiffé aussi, si si). A plusieurs passages spécifiques le 2ème guide part devant pour faire des photos et des vidéos de nos prouesses, notamment sous les chutes d'eau et dans les grandes flaques. Souvenirs souvenirs! Nous arrivons en bas exténués mais ravis! Il n'y a pas eu de casse, pour ma part juste une petite chute dans un virage car je n'ai pas pu redresser sur un petit monticule de gravier, mais pas de bobo! Sur la fin le temps se dégage enfin et une magnifique vallée tropicale s'ouvre devant nous. Nous finissons la descente tranquillement et reprenons le bus pour nous rendre dans un hôtel où des douches chaudes, un buffet et une piscine nous attendent. Après ce qu'on vient de vivre, tout ça passe très très bien!
Le retour en bus à Lapaz (en remontant la route de la mort d'ailleurs) nous prend tout de même 3h. Mais on ne pouvait tout de même pas en rester là. Avec Jake et Chris nous prévoyons donc de nous retrouver un peu plus tard dans la soirée au hard, rock café (qui à Lapaz est une boite et non un restaurant) pour fêter notre survie. C'est là que le serveur nous proposera de nous offrir une 2ème bouteile de rhum contre un petit pourboire... Ce qui fera 3litres à boire à 4... Jake est bien venu avec 3 boliviennes, mais elles se sont contentées de leur cocktail... Ce fut donc une grosse soirée, un bon revival du Corcorans comme on en avait besoin! Le lendemain, autant dire que nous n'avons pas été très productif...
Nous hésitons finalement à nous rendre dans le nord pour visiter les pampas de l'Amazonie. En effet il faut 20h de bus pour s'y rendre, puis ensuite pour en revenir car ce n'est pas du tout dans notre direction générale (qui est le sud oui, si vous suivez le blog depuis un certain temps vous l'aurez sans doute remarqué :p), et avec toutes les grèves et blocages sur les routes, il y a des chances pour qu'on y reste coincé. Et pour finir on nous parle des combats de catch de boliviennes qui ont lieu tous les dimanches à Lapaz. Nous decidons donc finalement de rester un jour de plus pour voir ça puis de partir directement après pour le sud. Tant pis pour l'Amazonie ça sera pour un autre voyage. Le catch s'avère bien rigolo comme prévu, les catcheurs savent faire le spectacle. Ce sont tout d'abord des combats d'hommes, puis mixtes et enfin que de mamas boliviennes en robes. Par contre le schéma est très similaire à chaque fois. Un des combattants triche avec le support de l'arbitre et donc se fait prendre en grippe par le public qui le hue et lui lance des fruits à la figure puis il finit par perdre (la morale est sauve! Tant mieux il y a des gosses dans le public). Bref c'est du catch, des coups bidons mais des acrobaties assez spectaculaires. C'était un peu lassant à la fin mais on a tout de même bien rigolé.
Le soir nous prenons un bus de nuit pour Potosi, où nous arrivons le lundi 20 mai à 7h du matin frais et dispos pour aller visiter ses mines d'argent insalubres! Ce fut véritablement une expérience étourdissante, mais je vous la racconterai plus tard bande d'impatients :)
francoisjeudy
31/05/2013
Notre aventure bolivienne commence à Copacabana, située sur les rives du célèbre lac Titicaca. A propos de la ville en elle-même je passerai très vite... Comme dans beaucoup de ville en Bolivie les bâtiments ne sont pas achevés, ils laissent apparaître leurs murs nus en brique rouge et le dernier étage à construire (mais qui ne le sera vraisemblablement jamais). A part quelques rues commerçantes et les alentours du port relativement mignons, cette petite ville nous apparaît donc rouge et pauvre. Par contre le paysage des bords du lac aux alentours est simplement fabuleux et il est donc plaisant de s'y poser quelques jours après tous les treks et l'agitation non stop du Pérou!
Le Titicaca est le grand lac le plus haut du monde. 8400 km carré à une altitude de presque 4000m! En nous baladant sur la rive nous longeons plusieurs petites cultures de céréale, et observons les paysans et paysannes, elles toujours en tenue traditionnelle, y travaillant à la main et à la faucille (pas de marteau en vue et encore moins de tracteurs), entassant les épis récoltés en forme de grands cônes, attendant vraisemblablement de les transporter sur le dos des nombreux lamas paissant non loin.
Le lendemain, mardi 14 Mai, nous embarquons de bon matin pour nous rendre sur la Isla del Sol (= île du soleil, pour ceux qui ont vraiment une dent contre l'espagnol). Les origines du peuple Incas y seraient apparues, elle contient ainsi plusieurs vestiges de leur vie sur place (temples, dont un temple du soleil (mais ce n'est pas celui de tintin, qui lui se trouve dans les environs de LaPaz), routes, tables ceremonielles,...). L'île est relativement grande, orientée nord-sud par rapport à Copacabana, le bateau allant à une allure d'escargot mettra ainsi 2h30 pour atteindre le port au nord (le plus éloigné). Le temps joue en notre faveur, grand soleil, pas un nuage à l'horizon, depuis l'île le lac s'étend tel une mer à perte de vue. C'est absolument fabuleux! Il est difficile de se rendre compte que l'on est sur un lac, à 4000m d'altitude en Bolivie tant on se croirait sur la côte adriatique en méditerranée... Okrug Gornji ne doit pas être loin;) Il faut payer 10 bolivianos pour sortir de la ville et se rendre sur le site des ruines non loin. Nous visitons donc un temple assez bien conservé, et passons devant la table sacrée entourée de blocs de pierre faisant office de sièges où un chaman se propose de nous faire un rituel de notre choix (chance, amour, travail, argent, etc...) pour seulement 10b. J'hésite puis me dis que ça sera au pire une expérience rigolote. Nous optons donc pour le faire au retour, après la visite du temple. Malheureusement le chamane est parti avec toutes ses affaires à ce moment là. Il n'y a plus personne autour, Anaïs en profite donc pour essayer de faire venir la pluie en me sacrifiant sauvagement aux dieux sur la table de rituel. Bizarrement cela ne fonctionne pas (mais en même temps elle ne m'a pas vraiment tranché la gorge, c'est sans doute pour ça). Entre temps, une grande plage avec une jetée attire notre attention au pied de la colline ou se situe le temple. Comment pourrions nous passer à côté d'une occasion pareille?! L'eau est glaciale, mais quelques plongeons depuis la jetée restent possible, plus quelques brasses : nous nous sommes baignés dans le lac Titicaca!! Amazing! Le plan est ensuite de nous rendre au sud de l'île pour y passer la nuit. Le chemin coupe exactement l'île en 2 sur toute sa longueur en passant au sommet des collines qui la forment. Ce qui en fait, pendant 3h de marche, un point de vue remarquable sur l'île d'une part et sur tout le lac d'autre part. Les paysages que nous verrons durant cette marche feront partie des plus beaux depuis le début de notre voyage (à noter que le temps joue pour beaucoup pour en apprécier toute la splendeur). À l'approche du village sud, beaucoup de boliviennes sont à l'oeuvre dans les champs, et un groupe de 3 gamines se précipitent vers nous en rigolant. Nous leur distribuons des gâteaux, elles sont aux anges et prennent la pose pour quelques photos. Une s'appelait Esmeralda mais je ne me souviens plus du nom des 2 autres. Plusieurs hôtels offrent des chambres que l'on trouve assez chères, mais en continuant à nous promener nous rencontrons une adolescente qui nous proposent une chambre où elle habite avec sa famille pour presque rien. C'est en passant devant leur enclos à lamas que l'un d'eux me crache dessus. Nous y retournons donc pour filmer la scène, il était vraiment énervé car il recommence sans hésitation! Nous assistons ensuite à un magnifique couché de soleil derrière d'autres îles du lac et pouvons même observer au loin les monts enneigés de la cordillère au nord de Lapaz tant le ciel est clair et dégagé.
Le lendemain matin nous retournons à Copacabana avec l'idée de partir visiter les îles flottantes des villages alentours. Ce sont de gigantesques plateformes en paille qui flottent sur le lac assez robustes pour y construire de petites strutures ou même des habitations. Mais une énorme flemme s'empare de nous et nous restons glander à copacabana, essentiellement assis au soleil en terrasse de restaurant! C'est bien aussi non? Des îles flottantes en paille on en voit partout, alors que des terrasses de café au soleil, c'est relativement unique! (quoique d'après ce qu'on m'a dit du temps à Paris en ce moment, ce n'est pas forcément si ironique que ça:p). Le soir nous découvrons les "comedors" de Bolivie, sorte de restaurants de rue, ou communautaires, où nous mangeons une grande soupe et un plat principal pour presque rien (en gros pour 1 €).
Le jeudi 16 mai matin nous partons pour Lapaz. De grandes grèves et manifestations ont alors lieux dans tout le pays (grand dépaysement par rapport à la France) et à priori l'entrée et la sortie des grandes villes peuvent être bloquées en semaine (pas le weekend, ba non les grévistes ne vont tout de meme pas se déplacer le week-end non plus! Non mais ho!... Ca aussi c'est un phénomène assez universel finalement). Il faut donc partir assez tôt pour arriver avant la formation des blocages. Mais malgré toutes les anecdotes entendues dans le sens opposé, nous ne serons aucunement embêté durant tous nos déplacements en bolivie. Fait assez marrant, pour se rendre de Copacabana à Lapaz il faut traverser un bras du lac où aucun pont n'a été construit. C'est donc sur d'énormes barges motorisés que les bus embarquent pour la traversée.
Nous arrivons ainsi à Lapaz, où toute une journée s'offre à nous pour 1, trouver un hostel, 2, trouver un tour et des occupations pour les jours à venir et 3, au grand bonheur d'Anaïs, faire les marchés pour acheter pleins de souvenirs! C'est dans le quartier de la place San Francisco que nous trouverons les 3, près du marché aux sorcières. Moultes magasins de ponchos, pulls, bonnets, chaussettes, gants et autres vêtements en laine de lama et alpaca nous tendent les bras, ainsi que d'autres assez obscurs où de vieilles mamas toutes ridées vendent des choses pas très catholiques (comme par exemple des espèces de bébés lamas séchés... Si si je vous jure qu'ils sont bien là, accrochés sur la devanture), d'où le nom de marché aux sorcières à priori. Nous optons pour l'hostal Cactus, puis passons d'agences en agences pour nous renseigner sur les différentes activités et visites qui nous tentent : un tour en Amazonie et dans les pampas, au nord, l'ascension en 3j du Wayna Potosi, mont à plus de 6000m, la descente de la route de la mort en VTT, réputée pour être la route la plus dangereuse du monde (mais c'était avant qu'elle soit fermée à la circulation). Un trek en montagne dans le froid ne tente pas du tout Anaïs, c'est vrai que l'on en a fait déjà pas mal au Pérou, et en plus c'est cher, nous prévoyons donc le VTT pour le lendemain puis sans doute l'Amazonie que nous n'avons pas encore fait, ni au Pérou ni en équateur.
Mais tout ça, ça sera pour le prochain article! Sommes nous oui ou non allés en Amazonie? Vous le saurez la semaine prochaine!
Besos a todos.