Argentine et Chili

La période relative à l'Argentine et au Chile est couverte en 5 articles : Le nord de l'Argentine avec notamment les Chutes d'Igazu, Buenos Aires, Puerto Madryn et la côte Atlantique, la Patagonie et le parc de Torres del Pain, et enfin un medley sur notre remontée jusqu'à Santiago entre l'Argentine et le Chili. Les articles sont par contre présentés par ordre antéchronologique, du plus récent au plus ancien, 1 par page.

La période relative à l'Argentine et au Chile est couverte en 5 articles : Le nord de l'Argentine avec notamment les Chutes d'Igazu, Buenos Aires, Puerto Madryn et la côte Atlantique, la Patagonie et le parc de Torres del Pain, et enfin un medley sur notre remontée jusqu'à Santiago entre l'Argentine et le Chili. Les articles sont par contre présentés par ordre antéchronologique, du plus récent au plus ancien, 1 par page.

Et tout le reste....

19/07/2013

Désolé mais avec 1 mois de retard dans les articles par rapport à la vie réelle (oui parce que là on n'est même plus en Amérique du sud), il va falloir que je résume un bon coup! (je dis désolé mais vous êtes peut-être soulagés, qui sait).

Allez c'est parti!

Retour en Argentine. À El Caladate le 21 juin pour aller admirer le Perito Moreno dans la partie sud du parc des glaciers. Dans le précédent post vous avez pu admirer le glacier Grey, et bien le Perito Moreno l'écrase à plat de couture. Absolument giganteste, plus de 50 km de long pour 60m de haut et 3km de large, il est le seul glacier au monde à être en progression. Ici les plateformes d'observation permettent de s'approcher à quelques dizaines de mètres, en hauteur tout d'abord puis un autre chemin nous amène quasiment au pied. Nous restons plus de 3h à le contempler, attendant avec excitation que de grands blocs de glace se détachent et tombent à fracas dans la rivière 60m plus bas. Nous ne sommes pas déçus, le spectacle est titanesque, le bruit asourdissant! D'en haut nous pouvons voir sa glace d'un bleu intense allant se perdre au loin entre les montagne. Petit à petit le glacier avance (plusieurs mètres par an) et vient enjamber la rivière jusqu'à la rive opposée. Le courant creuse alors la glace, créant une arche de glace au dessus des eaux. Le glacier continuant à avancer, celle-ci finit par exploser. Cela s'appelle la rupture. Elle se produit en moyenne tous les 4 ans. Évidemment nous n'aurons pas la chance d'y assister (c'eut été trop beau).

El chalten, au nord du parc des glaciers, est célèbre pour le mont Fitz Roy, mais vu qu'ils prévoient un temps couvert pour les jours à venir ce n'est pas une bonne idée. Nous voulons donc remonter directement vers Bariloche, toujours dans les Andes, plus au nord. Malheureusement la route 40 (mythique en Argentine, un peu comme la 66 aux US) est fermée sur cette portion. Et oui l'hiver en Patagonie, c'est la fête! Il n'y a jamais d'imprévu;) Il nous faut retourner à Rio Gallegos, sur la côte Atlantique, rejoindre Comodoro pour enfin pouvoir retraverser le pays vers les Andes. Nous ferons la partie Rio Gallegos-Comodoro en stop (voiture cette fois, avec une desquelles j'ai pu conduire d'ailleurs), mais le soir arrivant l'option de dormir en tente sur une aire de station service ne nous a pas enchanté, nous avons donc finit en bus de nuit.

Bariloche - mardi 25 juin

Ville chic, proche de stations de ski huppées, Bariloche est une véritable Courchevelle andine. De plus, et ce n'est pas pour nous déplaire, c'est la capitale du chocolat argentin. Et! Et, nous sommes dans la région des lacs, du coup il y en a un grand qui borde la ville au nord. Bref vous avez compris, du paysage de fou en perspective! Nous choisissons donc un hôtel en concordance avec tout ça : situé au 10ème étage d'un immeuble, avec de grandes baies vitrées et balcons donnant sur le lac et les montagnes au loin.

Comme il fait beau nous en profitons pour nous rendre sur un point de vue, au sommet d'une grosse coline où nous montons en télésiège (mais sans neige, et donc sans ski). La vue à 360 degré y est eblouissante. Cette région des lacs porte très bien son nom puisqu'une multitude de ces petites choses bleues nous entourent, séparés les uns des autres par des îles, presqu'îles, bandes de terre, toutes recouvertes de forêts luxuriantes. Des montagnes enneigées ferment le décor un peu plus loin.

Le lendemain le temps se dégrade sensiblement. On se motive tout de même pour une marche de 3h dans une des forêts du parc national que l'on pouvait voir depuis notre point de vue la veille. C'est joli mais ça serait sans doute mieux l'été, sans pluie et sans se perdre au milieu des bambous géants parce qu'on a pas vu un panneau... Mohaha! Et le soir petite surprise : le groupe que nous avions rencontré à Puerto Madryn 2 semaines plus tôt fait son entrée dans l'hôtel : Linh Lan, Felicia et Riley. C'est fou ce genre de coïncidence!

Pour notre 3ème et dernier jour ici nous ne faisons pas grand chose, balade en ville, goutage de chocolat (une part de gateau au chocolat + dulce de leche absolument divin), et pour bien finir, une grosse soirée avec toute la bande plus d'autres gens de l'hôtel dans un bar boite du centre. Du coup le réveil le lendemain matin à 6h pour prendre le bus pique un peu.

Pucon (Chili) - Vendredi 28 juin

Et oui il est temps de repasser une nouvelle fois la frontière vers le Chili et de se rendre à Pucon! Wouhou! Et oui je sais, cela ne vous dit absolument rien... Mais c'est tout de même un coin très sympa. Nous arrivons donc le 28 au soir dans cette petite ville toute simple... Simple si ce n'est qu'elle est située au pied d'un gigantesque volcan enneigé. On peut le gravir (8h de marche dans la neige) et le redescendre à ski (en 10 minutes...)! Ca promet d'envoyer! Arf, malheureusement la chance n'est pas toujours de notre côté, nous attendrons 3 jours mais le temps ne nous permettra jamais de faire cette excursion, ni de simplement voir le volcan d'ailleurs... Le samedi 29 nous faisons donc une marche dans un autre parc national, tout à fait splendide! Celle-ci commence en forêt verdoyante en vallée mais grimpe rapidement dans la montagne. Le chemin et les arbres se couvrent alors d'un épais manteau de neige, ce qui donne, au milieu de ces arbres géants à flanc de montagne, un paysage fantastique. Nous continuons de gravir le chemin vers le col en suivant 2 traces de renards ayant emprunté le même chemin quelques heures ou minutes plus tôt. Nous finissons par arriver au bord de 3 lacs successifs, partiellement gelés, qui surgissent tout d'un coup entre les arbres. Ce décor en noir et blanc, dédoublé par la reflexion de l'eau, est très pur, très relaxant. Cela ne m'empêche tout de même pas de lancer de grosses boules de neige dans la têtes d'Anaïs (la bougre ne s'est pas laissée faire, ne vous inquiétez pas...).

Dimanche 30 juin sera un jour grisâtre de plus, mais comme d'habitude nous avons d'autres atouts à jouer en cas de contretemps. A la place du volcan aujourd'hui ça sera du Rafting. Ni Anaïs ni moi n'en avons déjà fait, on est donc bien motivés et attaquons d'emblée sur un classe 4! Bon en fait seule une petite partie sera de niveau 4, mais ça secoue quand meme beaucoup en niveau inférieur! Sur les 6 personnes du bateau personne ne tombera à l'eau (dommage, oui je sais), mais nous avons bien failli à plusieurs reprises (d'autant que le guide à la barre s'amusait à percuter le bateau sur les gros rochers lisses au milieu de la rivière...). Excellentes sensations en tout cas, nous finissons completement trempés, ravis et qui plus est, c'était sympa de faire travailler un peu les bras pour une fois:p

Le soir venu, qui voyons nous arriver à l'hôtel : mademoiselle Felicia, ENCORE!!;) (non cette fois ce n'est pas une coïncidence, nous avions arrangé ça sur fcb). Son séjour à Pucon sera toutefois de courte durée puisqu'après quelques hésitations elle décide de nous suivre vers le nord pour aller faire du ski près de Santiago. Nous n'avons pas pu en faire ni à Bariloche ni à Pucon, c'est donc la meilleure option que nous ayons pour tester les pistes des Andes.

La météo sur la station de La Parva prévoit du beau lundi et mardi, puis moche toute la semaine. Il faut donc nous dépêcher! Lundi 1ier juillet au soir nous prenons un bus de nuit pour Santiago, où nous arrivons le mardi à 5h30. Là nous allons déposer nos sacs dans une auberge du centre et reprenons le métro pour nous rendre à l'endroit où les navettes pour les stations de ski se trouvent. Nous y sommes à 7h30, pour un départ à 8h30. Epic!

La Parva - Mardi 2 juillet

La station n'est qu'à 1h de route de la capitale chilienne. C'est quand même top de vivre à la capitale et d'être à 1h des pistes de ski et 1h de la mer. Le temps de louer le matos, de prendre les forfaits (que nous aurons d'ailleurs à moitié prix grâce à la promo d'un opérateur mobile local) nous sommes tous les 3 au pied des pistes à 10h20, et il fait effectivement un temps radieux. Station assez haute (3200 à 3880m), suffisamment vaste pour bien s'amuser une journée, pistes rouges et noires en majorité, neige agréables, quasiment personne, quelques hors-pistes dans la poudreuse, tout cela suffit largement à mon bonheur!! Par contre encore beaucoup de tire-culs, et pas mal de pistes fermées du fait d'un enneigement encore non optimal (début juillet = tout debut de la saison ici). On en profite à fond toute la journée, enfin les filles feront leur feignasse et iront se poser dans un resto dés 15h. Pour ma part j'enchaîne jusqu'à 16h30, ce n'est pas tous les jours qu'on skie dans les Andes, et qu'on ouvre la saison de ski en juillet sacrénom!


Mendoza (Argentine) - Mercredi 3 juillet

Pas de repos pour les braves, après une nuit de repos bien méritée à Santiago nous prenons un bus pour Mendoza, la célèbre region viticole d'Argentine. Nous quittons donc une nouvelle fois Felicia qui reste au Chili.

A Mendoza nous trouvons par hasard un hôtel qui restera dans les annales de notre voyage : le Monkey hostel. Nous y rencontrons un autre français, Julien, arrivé en même temps que nous (littéralement en même temps). Dés le 1ier jour, Leo (le manager) nous met dans l'ambiance bon enfant : nous devons cuisiner pour le diner un repas français que nous dégusterons tous ensemble avec un autre employé et en partageant le coût. Immédiatement (et de façon très prévisible) Anaïs propose des crêpes... J'ai beau arguer que c'est un plat breton et non français, personne ne m'écoute! Mais ça sera une très bonne soirée, les crêpes réussies (encore bravo à la cuisinière) et du bon vin argentin! Le dernier soir, à notre demande, Leo organisera un Asado dans le jardin de l'hôtel, c'est à dire un barbecue géant. Nous serons une bonne quinzaine à manger une viande succulente et A VOLONTÉ!! Franchement j'étais à 2 doigts de vomir d'avoir trop mangé, mais je ne pouvais pas m'arrêter! Asado qui se transformera ensuite en grosse soirée n'importe quoi au bar de l'hôtel:))



Entre ces 2 soirées nous irons 2 jours de suite visiter des caves et (malheureusement) faire des dégustations... Le 1ier jour dans la région de Maipu, où nous passerons de caves en caves en vélo. La fin du trajet n'était peut être pas parfaitement rectiligne il est vrai. Nous y avons bu du très bon vin, notamment dans la première, Di Tomasso qui utilise principalement du Malbec (cépage français mais mieux adapté au climat et à la terre Argentine) et du cabernet-sauvignon. Petite et vieille exploitation (1870), nous avons pu visiter leurs anciennes installation de vinification, notamment leurs cuves en briques qui ne servent plus aujourd'hui qu'au stockage des bouteilles. Leur Cabernet-Sauvignon 2006 était une véritable merveille. Par contre le cépage argentin, Torrentes, avec lequel ils font du blanc, n'est pas extraordinaire. Bon mais assez simple et plutôt fruité. Nous gouterons de bien meilleurs blancs, des chardonnay, dans une autre cave de la région de Lujan le lendemain.

En ce qui concerne le décor, nous avons été un peu déçu. Je m'imaginais des petites routes de campagne dans un paysage vallonné recouvert de vigne, et ba non! Maipu est juste horrible. La route que nous parcourons en vélo est étroite, beaucoup de camions y circulent, ne sors pas de la ville, ne passe par aucun paysage qui vaille le coup d'oeil. Lujan est un peu mieux, la ville est plus riche, plus propre et les caves que nous croisons sont particulièrement classes. Nous visitons la cave Luigi Bosca, premier Malbec AOC argentin. Grosse exploitation, 8 millions de bouteilles par an, produisant plus de 30 vins différents, du petit vin de table aux grands crus, rouge principalement mais blancs également, mousseux (méthode champenoise), vendanges tardives etc...

La 3ème région de Mendoza à visiter est plus récente, il s'agit de la vallée de Uco, mais nous n'aurons pas l'occasion d'y aller.

Dimanche 7 juillet il nous faut repasser une dernière fois la frontière pour revenir à Santiago du Chili (les tampons du Chili et de l'Argentine commencent à prendre pas mal de place sur le passeport). Le lendemain nous nous baladons en ville, mais celle ci ne nous transcende pas particulièrement. Nous passons à côté du Palacio de la Moneda, le palais présidentiel, où a notamment eu lieu le coup d'État sanglant de Pinochet en 1973. Vers 15h nous retrouvons (et je vous jure ça sera la dernière fois) tout le groupe de Puerto Madryn et Bariloche : Felicia, Linh Lan et Riley. Avec eux nous montons au sommet du mont San Cristobal qui surplombe la ville. La vue pourrait être exeptionnelle mais une énorme chape de pollution nous cache en grande partie la ville. Du coup on meure d'envie d'y retourner respirer un bon coup:) Après un dernier café nos chemins se séparent, pour de bon cette fois.

Il nous reste alors plus que 2 jours et 3 nuits avant notre vol pour l'île de pâques, jeudi 11 matin. Apres 4 mois de voyage en Amerique latine, cela fait tout drôle, presque comme des vacances dans les vacances. Nous passerons ces 3 dernières nuits chez Melyna, enfin chez ses parents, que nous avions hébergée avec son copain lors de leur voyage à Paris en janvier. Ces 3 soirées et dîners avec toute la famille Sanders : Melyna, Eunice sa sœur, Max son frère, les 2 parents, et le petit copain de la sœur, ont été un véritable oasis dans ce monde impersonnel d'hôtels, restaurants, fast-food, comedors que nous abons cotoyé pendant 4 mois. Retrouver une ambiance familiale fut très agréable. Ils furent absolument adorables avec nous, nous cuisinant 3 repas chilien, nous faisant goûter leurs vins, et nous apprenant plein de choses sur leurs us et coutumes. Étant donné qu'aucun d'eux ne parlait anglais, cela a donné lieu à de nombreux quiproquos, moqueries et franches rigolades. Le dernier soir nous leur cuisinerons une tarte tatin, mais n'ayant pas trouvé la bonne pâte ce ne fut pas une réussite exceptionnelle (quoique pas un désastre non plus!). Je les remercie encore une fois pour tout.

Valparaiso - Mardi 9 juillet

Nous ne pouvons pas passer quelques jours à Santiago sans faire un tour d'une journée à Valparaiso, sur la côte Pacifique. Cette ville portuaire (1ier port du Chili) est fameuse pour ses maisons de toutes les couleurs perchées à flancs abruptes de colline. On atteint le premier sommet des falaises depuis la partie de la ville située au niveau de la mer soit pas des escaliers particulièrement raides soit par une multitudes de petits ascenseurs-téléphérique éparpillés aux 4 coins de la ville. La plupart des maisons sont faites en tôle, peinte de couleurs tres voyantes, avec sur la plupart des murs (publics comme privés) de magnifiques dessins et autres graphes surréalistes. C'est aussi ici que l'on trouve la maison du poète Pablo Neruda, d'où on a une vue imprenable sur la ville entière. Cependant il y règne un sentiment d'insécurité puisque à au moins 5 reprises, onviendra nous dire de faire attention avec nos appareils photos ou de ne pas aller dans cette direction, etc... Certains adorent Valparaiso, pour ma part, même si certains dessins sont justes splendides, elle ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Départ pour l'île de pâques - Jeudi 11 juillet

Un taxi collectif vient nous chercher à 4h30 chez les Sanders à qui nous faisons nos adieux avec beaucoup d'émotion.

Après 4 mois et 6 jours, 9 pays visités (3 de plus traversés), et 405 heures de bus, notre périple en amerique Latine prend finalement fin! Nous nous envolons vers d'autres contrées avec impatience. Ce fut un voyage extraordinaire, nous avons vu des milliers de choses incroyables, rencontré des gens passionnants, vécu des expériences uniques, nous avons tout de même hâte de changer d'ambiance, de façon de faire et surtout de retrouver le soleil et la chaleur qui nous ont fait défaut le dernier mois.

Adios America, Buenvenido Polynesia!

Wonderful Torres del Pain

16/07/2013

Notre arrivée à Puerto Natales est plutôt folklorique. Comme c'est la basse saison au sud de la Patagonie et qu'il est 23h, autant vous dire que nous croyons marcher dans une ville fantôme enneigée. Les 2 premiers hostels que nous essayons sont fermés, le 3ème aussi cependant de la lumière et du bruit nous parvient depuis la fenêtre du salon. Je m'approche donc et toc à la vitre. Haha Je n'ai jamais vu personne sursauter aussi haut que les 2 personnes qui font face à la vitre à ce moment là! Bon je me mets â leur place, voir tout d'un coup à la fenêtre un grand barbu ressemblant à un bûcheron maléfique au milieu de la nuit, il y a de quoi s'inquiéter quelques instants! Ils nous ouvrent malgré tout la porte et il s'avère que ce sont 5 touristes français. L'un d'eux s'en va réveiller la proprio qui n'a alors pas l'air ravie du tout... Elle mettra un petit taquet au français qui nous a ouvert la porte, mais nous mène tout de même à notre chambre. Ouf!

Les nouvelles dont nous font part nos nouveaux colocataires ne sont pas bonnes. Selon eux, le parc Torres del Pain est quasiment fermé,  à l'intérieur aucun chemin n'est ouvert et il n'y a qu'un bus par semaine pour partir de Puerto Natales, celui-ci se trouvant être le lendemain matin à 7h30... Il est minuit, nous venons d'arriver après 38h de voyage... Ce n'est pas vraiment le genre de chose que l'on a envie d'entendre... Mais en presque 4 mois de voyage on a appris qu'il ne fallait pas écouter les yeux fermés les gens qui vous disent "on ne peut pas...". On a pas tous les même envies, limites et/ou motivation. Et puis y a pas moyen que je me lève à 6h du mat pour reprendre un bus! Finalement on a bien fait, nous passons la journée du lendemain, lundi 17 juin, à organiser notre excursion au Torres del Pain. Le plus compliqué est finalement de se rendre sur place car basse saison oblige, il n'y a aucun transport public et plus de 120km à parcourir. Soit on prend un bus excursion d'une journée qui fait le tour des points de vue autour du parc sans y entrer et qui peut nous déposer à l'entrée, soit on prend un transport privé. Les 2 reviennent au même prix pour l'aller et retour si on est 2 personnes : 400 US$. La 1iere solution pose pas mal de problème : l'arrivée à l'entrée du parc se fait vers 14h, il est donc trop tard pour couvrir les 5h de marche menant au 1ier refuge, et pour le retour si on est un peu en retard, le bus ne vous attend pas. Par contre la 2ème option présente l'avantage d'offrir un prix fixe. Donc si on est plus que 2, le prix est divisé d'autant. Près d'un distributeur d'argent j'aperçois 2 touristes que j'interpelle donc et à qui j'expose notre projet. Coup de chance ils prévoyaient le même type de trek et se demandait comment s'y rendre. Le propriétaire de leur hôtel leur avait proposé de les y emmener et de venir les chercher 3j plus tard pour 400$. Parfait! Nous décidons de partir le lendemain matin à 7h.

Jour 1 - Mardi 18 juin (En hommage à Charles)

Notre chauffeur s'appelle Rodrigo et il est à moitié fou, ou tout du moins fort lunatique. Il s'agit d'un charpentier / aventurier / hermitte / guide de montagne qui a un vieux 4x4 noir qu'il appelle "El Condor Negro", qui a soit disant passé plus de 6 mois à vivre dehors en montagne tout seul, et qui fait preuve d'une logorrhée verbale sans interruption à propos de sa vie "hey François you want to know about my life?!" bref il est fabuleusement hilarant. Quant à nos deux compagnons, il s'agit de Janet et Chris, 2 canadiens anglophones. À 6h du matin il faisait beau, mais le temps de partir et une tempête de neige se met en place. Toute la route en est rapidement couverte mais le condor noir tient bien bon et nous arrivons à l'entrée du parc sains et saufs vers 9h30.

La neige qui a alors cessé de tomber recouvre le Torres del Pain d'un magnifique manteau blanc. Nous entamons ainsi notre marche d'ors et déjà éblouis par la beauté surnaturelle de ce sud chilien, presque au bout du monde. Pendant 5h notre chemin serpente dans la neige. Il longe tout d'abord une rivière que l'on pourrait aisément qualifier de fleuve, s'enfonce un moment à travers d'épais bosquets formant un tunnel de neige au dessus de nos têtes puis rejoint de nouveau la rivière au fond de la vaste vallée. Tout d'un coup la rivière nous quitte préférant remonter vers les montagnes sur notre gauche. Nous ne lui en tenons pas rigueur et continuons vers le refuge à travers une immense plaine.

Ce n'est pas de tout repos car nous portons tout de même sur le dos de la nourriture et de l'eau pour 3 jours, nos sacs de couchage et des changes. De plus le parcours se complique au bout de la plaine, de petits cours d'eau nous bloquent le passage. À 3 reprises il nous faut prendre notre élan, sauter (enfin l'équivalent d'un saut mais avec un sac de 10kg sur le dos, ce qui donne un truc pas très beau qu'aurait pu réaliser une troupe de crapaux paraplégiques et unijambistes). C'est simple, Anaïs, constante, mettra très exactement 3 fois chacun de ses pieds dans l'eau (le pied d'appui, trop loin, puis le pied de réception, trop court... Je détecte immédiatement un gros niveau en athlétisme, quel dommage d'avoir gâché sa jeunesse à faire du basket!).

Le décor devient alors de plus en plus esquinté, nous grimpons, passons à travers plusieurs forêts maléfiques, et arrivons sur un point de vue qui vaut toutes les heures de marche du monde (voir de l'univers). Un immense lac coincé entre les montagnes s'étend devant nous et nous renvoit ses reflets turquoises. Une multitude d'îlots le parsèment mais une trouée au loin nous laisse apercevoir d'autres mont enneigés à l'horizon. Malheureusement ceux situés juste à côté de nous ont leur sommet emprisonnés par la brume.

Enfin, au bout d'une heure supplémentaire de marche sur les bords escarpés du lac, nous arrivons au premier refuge. Immense hôtel de bois avec une salle a manger gigantesque, des dizaines de chambres et dortoirs, 3 ou 4 étages,  et environ 15 personnes à tout casser. L'animation y est sans aucun doute débordante l'été, mais en cette journée d'hiver patagonien il tient plutôt de l'hôtel fantôme. Si vous avez lu Shinning, et bien voila c'est exactement ce à quoi je pense en le découvrant... De quoi passer une très, très bonne nuit ça dis donc. Seule une petite pièce commune est chauffée, les autres, dont les chambres, sont glaciales, l'électricité ne fonctionne que de 19h à 22h ainsi que l'eau courante (si une envie de pisser vous prend au milieu de la nuit et que vous avez le courage d'arpenter les couloirs noirs et glacés de l'hôtel Shinning, alors un tonneau d'eau et un seau vous permettront de tirer la chasse, sinon vous pouvez toujours faire pipi au lit, y'a pas à dire, ça réchauffe!) (mais non je n'ai pas fait pipi au lit, j'ai affronté les couloirs... Ca va oh! Shinning c'est juste un bouquin je sais!) REDRUM!!! Nous dinons tous ensemble et partageons avec nos amis canadiens une bouteille de vin que nous avons apportée à la sueur de nos fronts! Si c'est pas faire honneur à la France ça?!

Jour 2 - Mercredi 19 juin

Etant donné que nous ne sommes pas morts congelés durant la nuit nous pouvons refaire une journée de marche (youpi). Le parc de Torres del Pain se compose de 2 circuits principaux : le fameux W, 4 à 5 jours de marche, et le grand tour derriere les montagnes, 7 à 8 jours. Au moment où nous y sommes, seules 2 des 3 branches du W sont ouvertes depuis le refuge où nous venons de passer la nuit. Etant donné que nous ne souhaitons rester que 3j et 2n dans le parc et qu'il faut 1j pour relier le refuge à l'entrée du parc, nous ne pourrons faire qu'une branche du W : soit aller au glacier Grey sur la branche gauche, soit dans la valle frances formant la branche du milieu. Vu le temps, brumeux, venteux et pluvieux (là on vend du rêve aux parisiens) on nous conseille vivement d'opter pour le glacier car les pics et monts constituant l'intérêt principal de la vallée Frances ne seront pas visibles. Il nous faut faire l'A-R dans la journée, c'est à dire 7h de marche. Dans la nuit la température est remontée,  il n'y a plus un gramme de neige à l'horizon par contre beaucoup de cours d'eau, de flaques et de gadoue (yeah encore du rêve à vendre). Le chemin se met à grimper rapidement dans un petit raidillon de pierre et débouche au dessus d'un lac, un peu similaire à celui observé la veille. Par contre ici le vent est absolument phénoménal! On arrive presque à se coucher en avant dans le vide en étant maintenu par les bourrasques. En tout cas pas question de se poser ici pour apprécier le paysage, le vent nous chasse de notre promontoire aussi facilement qu'un revers de main le fait d'une mouche.

Nous continuons de marcher malgré tout, et arrivons enfin au mirador du glacier Grey. Celui-ci se trouve à l'extrémité nord du lac homonyme et en occupe toute la largeur. Même à cette distance (nous sommes encore à 1h30 de marche) il est sacrément imposant et on peut deviner la couleur bleue foncée de sa glace, confirmée par les petits icebergs flottants en contrebas probablement détachés de leur papa-glacier et emportés par le courant.

Une fois le reste de la marche effectué nous lui faisons pleinement face seulement séparés par un petit bout de lac. Un tel glacier on en voit plus en Europe c'est sûr. 50m de haut, quelques km de large et des dizianes de long dont nous ne pouvons malheureusement prendre toute la mesure qu'en regardant la carte. De plus le sacripant est particulièrement bavard, il craque, grince, explose, siffle ; lorsque la nature vous parle avec une telle majesté il n'y a plus qu'à se taire et écouter.

Nous sommes en retard... Il est 14h30 et nous avons 3h30 de marche à faire pour rentrer au refuge... Avec un couché de soleil autour des 16h et la nuit noire à 17h, il y a des chances qu'on soit bien dans la merde. Janet et Chris ont une lampe torche frontale, mais nous non. De plus Chris s'est fait mal à la cheville, il ne peut donc pas presser le pas. Une petite lampe frontale pour 4, ça veut dire ne pas voir où on met les pieds pour au moins 2 d'entre nous. Anaïs et moi décidons donc de tenter le tout pour le tout : accélérer pour tenter un retour en 3h avant le noir complet. La pénombre nous tombe dessus relativement rapidement, le chemin n'étant pas des plus clair à suivre, nous finissons par nous perdre. Il fait de plus en plus noir, pas moyens de retrouver une balise et étant donné qu'un grand fossé s'ouvre devant nous, ça ne doit pas être le bon chemin. Mais alors où? S'est on beaucoup éloigné? Si les autres passent avec leurs lampes, pourra-t-on les voir? Haaaaa! Quel suspens! Bien entendu nous gardons notre sang froid (well...) et je finis par apercevoir un gros rocher en forme d'arc en ciel que j'avais observé à l'aller. Il nous faut revenir en arrière pour contourner le fossé, parvenir près du rocher, et enfin une balise se montre! Hallelujah! A partir de là il n'est plus question d'essayer d'éviter les flaques et autres cours d'eau, nous fonçons tout droit et après quelques chevilles tordues, les pieds trempés nous apercevons enfin les lumières du refuge!:)

Jour 3 - Jeudy 20 juin

Dernier jour au torres del Pain, même trajet que le premier mais dans le sens inverse. Cependant c'est un décor totalement différent que nous traversons puisque la neige qui recouvrait tout à l'aller a disparu! La grande plaine toute blanche s'est transformée en grande plaine de hautes herbes.  

Celle ci ondule sous les bourrasques de vents tel la houle d'une mer jaunâtre. Oui parce que le vent il y en a et pas qu'un peu! Rapidement la pluie commence à tomber et fort heureusement le vent nous souffle dans le dos, rabattant la pluie sur nos sacs plutôt que dans nos yeux. En me retournant quelques instants pour regarder les autres derrière ce sont de véritables fléchettes de pluie qui me mordent le visage et les yeux, insoutenable. Nous croiserons quelques personnes faisant le chemin inverse, obligés de marcher courbés en 2. Je n'aurais pas aimé avoir ce temps là lors de notre 1ier jour, il y a de quoi en décourager plus d'un. 5h plus tard, trempés jusqu'aux os, nous parvenons finalement à l'entrée du parc, où les rangers ont la gentillesse de nous accueillir et de nous offrir du café. Rodrigo arrive avec le Condor Noir une heure plus tard comme convenu et nous ramène à Puerto natales sur les chapeaux de roue!

Même si le temps n'a pas été idéal le 3ème jour, le torres del pain restera un des temps fort de l'Amérique du sud. Ces paysages sud patagonien sont à couper le souffle et il est certain que nous y retourneront en été pour en faire un tour complet et pouvoir admirer ses fameux pics, cette fois cachés par les nuages. Le lendemain, vendredi 21 juin nous nous levons tôt pour prendre un bus nous ramenant de l'autre côté de la frontière,  mais toujours dans les Andes, à El Calafate.

Les baleines de Puerto Madryn

06/07/2013

En nous réveillant à Puerto Madryn ce jeudi 13 juin nous n'avons qu'une idée en tête : voir des baleines. Le personnel de l'hôtel nous apprend que se rendre aujourd'hui sur la péninsule Valdes pour l'excursion en bateau est un peu risqué car il y a gros vent et les sorties risquent d'etre annuler. Cela dit il y a d'autre choses à faire en attendant : aller voir les baleines depuis une plage à 20km au nord, Punta Flecha, où ces majestueuses dames des océans (yeah poésie!) se rapprochent très près de la côte du fait d'un fond abrupte et  il est également possible d'aller marcher au milieu des éléphants de mer, sur une autre plage, Punta Ninfas, à 80km. Des agences proposent ces balades mais contre un coût relativement exorbitant. La chance est cependant de notre côté (enfin pas sûr...) puisque nous rencontrons à l'hôtel 2 françaises et un canadien : Felicia, Linh Lan et Riley, avec qui nous pouvons louer une voiture et nous rendre dans ces endroits par nous-mêmes.

La première partie se passe parfaitement bien, nous arrivons au sommet de Punta Flecha et apercevons d'emblée les baleines au bord de la plage en contrebas. Nous nous hatons donc de remonter en voiture et de nous y rendre à tombeau ouvert. C'est absolument éblouissant, ces mastodontes aquatiques sont là à une dizaine de mètres de la plage, passant et repassant devant nous paisiblement. Certaines sont accompagnées de leur petit, d'autres s'ébatent plus au large et nous gratifient de quelques sauts et de plongeons faisant apparaitre leur queue immense au dessus de la surface. L'endroit est idéal pour ces baleines franches, car la configuration de la côte leur permet de placer leurs petits entre elles et le bord, les protégeant ainsi efficacement le temps de leur apprendre les trucs et astuces des baleines, et de les nourir au lait maternel (lait qui est en fait éjecté dans l'eau et non bu à la mamelle. Non les baleines n'ont pas de sein, désolé, et du coup il vaut mieux qu'elles le fassent dans des eaux calmes). Nous les observons et les écoutons donc de longues minutes évoluer devant nos yeux ébahis sans dire un mot, nous rassasiant de ce spectacle fabuleux, pas loin de nous faire arroser par les jets d'eau de leurs auvents. Si j'avais eu un maillot de bain ou en tout cas un change, je pense que je me serais jeté à l'eau le temps de prendre une photo sous marine, mais je n'ai malheureusement pas pu (bon et puis oui c'est interdit, mais on ne va pas s'arrêter à ce genre de considérations non plus, si?).

Il est difficile de nous arracher à ce spectacle mais nous finissons tout de même par y aller. Nous repassons par la ville pour nous rendre ensuite à Punta Ninfas, mais là notre chère conductrice que je ne nommerai pas (Félicia), s'arrange pour se faire rentrer dedans par une voiture effectuant un créneau (si si c'est possible; p). Il en résulte un légère éraflure sur le pare-choc avant. Ceci marquera le début de nos mésaventures motorisées! Je prends alors le volant et nous repartons, les cœurs haut, vers notre seconde destination. Nous arrivons rapidement sur une route de terre que nous devons emprunter sur 60km au milieu de la pampa desertique. Celle-ci est en piteux état,  de nombreuses flaques d'eau et de boue la jalonnent nous obligeant à passer sur les côtés buissonneux généralement en laissant 2 roues dans la boue. Ce n'est cependant pas toujours possible il faut alors traverser les flaques immenses tant bien que mal. Nous nous embourbons une première fois mais parvenons à nous en sortir en poussant la voiture. Ça ne sera malheureusement pas le cas une seconde fois. La flaque est immense, aucun moyen de la contourner, nous restons bloqués en plein milieu... En ouvrant les portières l'eau s'engouffre presque à l'intérieur, nous nous mettons donc pieds nus, remontons nos pantalons et sortons pousser. Le spectacle devient alors tellement grotesque qu'il en est comique!:) Nous sommes 4 à pousser la voiture, enfoncés dans la boue glacée jusqu'à mi-mollet, avec un vent mordant pour kous encourager. Nous ne tardons pas, ainsi que la voiture intérieur comme extérieur, à être repeints en marron dégoulinant. Il faut imaginer les roues qui patinent à toute vitesse nous projetant des vagues de boue en pleine figure, c'est absolument génial! Afin d'avoir une meilleure prise pour pousser nous ouvrons les portières donc comme je le disais l'intérieur est repeint de la même manière... Fabuleux! Et tout ça pour rien, nous avançons bien un peu mais la flaque est juste trop grande, la voiture reste emprisonnée... A JAMAIS!!!! MOHAHAHA! Non en fait ce n'était pas très drôle sur le moment...

Dans notre malheur, la chance nous sourit cependant. Sur les 50km parcourus sur cette route nous n'avons croisé qu'une seule habitation, la ferme située à environ 500m de l'endroit où nous sommes bloqués! 3 gentils fermiers viennent nous tirer de là avec un camion. Nous les suivons ensuite à travers les buissons de la pampa afin de rejoindre la route avant la flaque, tout en priant pour ne pas crever un pneu. Au point où on en est ça n'aurait rien d'étonnant...Mais ça passe. Il n'est plus temps d'aller voir les éléphants de mer, il nous faut rentrer et essayer de sauver le désastre à 4 roues qu'est devenu la voiture. Rien que d'imaginer la tête de la loueuse si on lui rendait sa petite chevrolet dans cette état,  on se marre, la crise cardiaque ne serait pas loin! Mais nous ne sommes pas si cruels, après une heure de taf dans un lavage auto, elle est compe neuve. Lorsque la loueuse vient récupérer la voiture,  nous hésitons à lui faire part de nos mésaventures mais la prudence l'emporte et nous lui raccontons. Grand bien nous a pris puisque nous avions oublié de nettoyer sous le capot... Lorsqu'elle le soulève il ne fait aucun doute sur l'ampleur du chaos subit par la chevy:) Mais ce qui pose problème c'est surtout la rayure du pare-choc. Elle reviendra nous dire le lendemain soir combien un garagiste lui a pris pour la repeindre : 500 pesos. Nous avions préparé nos argiments pour contester mais elle nous divise la note par 2 car nous avons bien nettoyer la voiture. Nous sommes 5, la note par personne n'est donc pas trop salé et nous en finissons avec cette histoire une bonne fois pour toute. Le soir pour fêter ces elephants de mer inaccessibles nous nous preparons un festin de viande de bœuf argentine absolument gargantuesque,  ce qui parvient parfaitement à nous consoler (en tout cas moi oui!).

Le vendredi 14 juin le temps est suffisamment clément pour la sortie en bateau nous nous rendons donc tous les 5 en bus jusqu'à Puerto Pyramid sur la péninsule Valdes d'où partent les bateaux. Bien entendu l'entrée sur la péninsule est payante en plus de l'excursion. Les argentins profitent de façon très lucrative de leur merveilleux patrimoine naturel mais qui pourrait leur en vouloir... Les consigne du guide sont claires, les baleines sont dans leur milieu narurel, peut-être aurons la chance d'en voir de prés,  peut-être verrons nous des sauts, mais aussi peut-être ne verrons nous rien du tout... Tout cela est très rassurant apres avoir déboursé 70 $ chacun. Mais aujourd'hui la chance a tourné en notre faveur, rapidement le spectacle auquel nous assistons est grandiose : notre route croise celles de cétacés à plusieurs reprises et ceux ci viennent nous saluer juste à quelques mètres du bateaux.

Cette fois elle sont même assez proches pour que nous sentions l'eau de leurs auvents sur nos visages! Deux d'entre elles nous ferons une sorte de parade nuptiale endiablée avant de repartir vers les profondeurs.

Nous ne verrons pas les organes génitaux du mâle mais apprenons que le penis mesure environ 3m et que les testicules pèsent 500kg... De quoi vous laisser rêveuses mesdames n'est ce pas?;) Et enfin, incroyable, une autre se rapprochera de nous en exécutant 3 magnifiques sauts successifs que nous saisirons Anaïs et moi sur photo et vidéo mais sans égaler l'excellente qualité des photos prises par le photographe de bord.

Je pense que nous avons vu tout ce que nous pouvions espérer voir, et même plus. Nous n'oublierons pas de si tôt ce spectacle qui nous a tous littéralement subjugué et c'est donc ravi que nous passons notre dernière soirée à Puerto Madryn.

Le lendemain, samedi 15 juin, il est temps de rejoindre le bout du monde, le sud de la Patagonie. Le stop nous a pour le moment bien réussi nous continuions donc de cette manière. Un bus nous amène sur la route 3, là où nous avait déposé Mario (cf. Article précédent). À 9h30 un camion nous prend et nous amène à 100km de Comodoro. Sur le bas côté au autre camion est arrêté, je vais donc demandé au chauffeur s'il peut nous prendre mais il refuse. 10 min plus tard, sans doute accablé de remord, il nous fait de grand signe et nous dit que finalement il veut bien nous amener à Comodoro. C'est toujours ça... Et nous faisons bien car au final nous roulerons avec lui jusqu'à 300km avant Rio Gallegos dernière ville avant la péninsule de la Terre de feu et Ushuaia où nous arrivons à 1h du matin! Il fait froid, il y a du vent, mais pour pousser l'aventure à son paroxisme nous dormirons en tente sur l'aire d'autoroute... Bon dormir est sans doute un bien grand mot, mais c'est presque ça. Et à 7h du matin, après un petit café nous reprenons notre place au bord de la route, le pouce levé. Je vais tout de même solliciter les camionneurs arrêtés sur l'aire de repos ce qui s'avère payant puisque d'entre eux roulant de concert sont d'accord pour nous amener à Rio Gallegos, un dans chaque camion. Sur la route, le levé de soleil sur les terres désolées de la Patagonie est absolument splendide. 3h plus tard nos 2 amis chauffeurs nous déposent directement au terminal de bus. De là nous embarquons dans un bus pour Punta Arenas au Chili, ce sera le point le plus au sud où nous poserons les pied (à peine 150km plus au nord qu'Ushuaia), et finissons par un dernier bus pour Puerto Natales (Chili), où nous arrivons enfin à 23h après 38h de voyage dont 3 en tente!... Un peu de repos dans un bon lit nous fera le plus grand bien:)

Buenos Aires

01/07/2013

Nous entrons dans la capitale argentine le vendredi 7 juin vers 13h. Il nous faut trouver ripaille et refuge, c'est donc avec célérité que nous accomplissons ces 2 tâches. Notre auberge durant les 4 nuits que passons à Buenos Aires se nomme Kilca et je pense que c'est ma préférée depuis le debut de ce voyage : pas chère (3.5€ la nuit), cuisine superbement aménagée, petit-dej à volonté inclus, Wi-Fi et ordinateur à dispo, captage du Wi-Fi depuis la chambre, grande douche avec eau bien chaude aussi longtemps que désiré... Vous vous dites peut être que ce n'est pas grand chose, que c'est le minimum que l'on peut attendre, et bien dans ce cas là ne venez pas en Amérique du Sud! Pour nous, après 3 mois et demi sur les routes c'est presque le paradis d'avoir tout ça réuni en 1 seul endroit:)

Ce vendredi soir a lieu un match de football entre l'Argentine et la Colombie, comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde 2014. Nous rejoignons donc Alex et Martina, nos 2 compères hollandais (cf. Article précédent pour les non-assidus), afin de nous rendre au stade et acheter des billets. On aurait peut-être (sans doute) dû s'y attendre, mais ce ne fut vraiment pas une sinécure... Déjà, même 1h30 avant le match c'était la cohue, une foule dans toutes les rues entourant le stade. Et attention, on ne parle pas d'un petit stade de province, mais du stade national d'Argentine à 100 000 places, ça donne donc une certaine effervescence... Bon et puis bien entendu toutes les places sont vendues, il ne reste plus que le marché noir pour s'en procurer (pan dans la gueule pour les economies). Nous sommes prêts à mettre le double du prix des places à bas prix (200 pesos au lieu de 100), le problème c'est que nous sommes 5 et que les vendeurs à la sauvette n'en ont jamais assez, ils complètent par des places en tribunes à 500 pesos. Well, j'aime bien le football, Lionel Messi, tout ça, mais il y a des limites! Après avoir demandé à environ 15 personnes, nous nous apprêtons à abandonner et à simplement aller le voir dans un bar mais sur un dernier coup de tête je vais voir un gars du contrôle de sécurité qui me demande alors combien on est, puis me dit d'attendre un peu... Espoir! Va-t-il nous faire tous rentrer pour pas cher voire rien du tout?... No happy ending here... Environ 10 min après le début du match il vient enfin nous voir avec 5 places à 200 pesos. Cependant ces places sont toutes dejà poinçonnées et malgré qu'il nous assure que ça passera quand même, nous ne prenons pas le risque et nous rabattons définitivement sur l'option bar. Nous tombons sur un bar rempli de supporters colombiens, Martina rangea donc le drapeau argentin qu'elle avait acheté dans la rue 1h plus tôt... Celui-ci ne servira finalement pas beaucoup ce soir là. Pour le fin mot de l'histoire nous n'avons pas vraiment de regret car ce fut un match sans saveur et sans but... Wahou tout un paragraphe pour dire que finalement on est allé boire un verre dans un bar, je me surpasse ce soir!;)

Que vous dire autrement de notre séjour à Bs As?... Nous avons beaucoup marché, visité en long, large et travers ses quartiers centraux tels que Palermo, Recoleta, Congreso, San Telmo, Ritorno, Montserrat. Nous avons admiré ses principaux monuments comme son Obélisque sur une place faisant un peu penser à Picadelly circus ou à la 5th avenue du fait de ses nombreux panneaux publicitaires démesurés, sa cathédrale, son imposant palais du congrès, son équivalent de Broadway recèlant plus de théâtres à comédie musicale qu'il est humainement possible d'en voir dans une vie (comédies musicales ayant l'air d'avoir la même qualité que ce que nous avons la chance de pouvoir aller voir et revoir en France (enfin, à Paris en tout cas, là où se trouve la culture... Bon ok là on parle de comédies musicales, on n'est pas non plus à un très haut niveau de culture, mais que ça ne m'empêche pas de charrier la province non plus!), ses quais aménagés sur lesquels je me suis cru pendant quelques instants revenu à Paris dans le quartier BFM, ses très larges avenues rectilignes surplombées par de longs feux tricolores peints en jaunes et bordées par des immeubles assez bas rappelant le style haussmannien... Vous l'aurez compris, Bs As nous donne l'impression d'un mélange de Paris et New York par de nombreux aspects. Cela plait beaucoup à Anaïs qui trouve qu'il s'en dégage une ambiance particulière très agréable, et cela meme si la ville en elle-même n'est pas d'une beauté à couper le souffle. On y retrouve nos marques, on se sent un plus chez nous, ce qui fait une sorte de mini-break tout à fait bienvenu.

Nous ferons également un tour dans les parcs autour du zoo et du planétarium où se trouvent d'ailleurs de ravissants jardins japonais. Mais on n'observera ces derniers que de l'extérieur, l'entrée étant payante, n'étant pas des fans inconditionnels de jardins (who is anyway?) et surtout  afin de garder un bon budget pour notre activité principale à Bs As! Quoi donc me demanderez vous? Le manger de viande et de vin, pardi!:) Holalalalalala cette viande de bœuf succulente et ne coutant presque rien, c'est un véritable bonheur! Rendez-vous compte : des filets à moins de 5 € le kilos, j'ai mangé un steak de black angus de 500gr pour moins de 2 €!! Il faut dire qu'en Argentine, la viande de bœuf est une véritable philosophie. Au supermarché nous observons avec stupéfaction les ménagères remplir leur caddies de barquette de viande fraîche. Non mais littéralement remplir hein, dans certains il devait y en avoir plus de 30... Soit elles vivaient avec un meutes de Saint-Bernard particulièrement bien nourris, soit toute la famille en fait la base de son régime alimentaire à presque tous les repas (ou alors il y avait une promo qui ferait bizarre en France, du genre "pour 40kg de bœuf achetés,  le 41ème offert! Dépêchez vous!" et elles voulaient vraiment leur kilo gratuit...). Bref donc même si on n'en en a acheté un peu moins, on est aussi allé chez le boucher pour se faire conseiller et on s'est vraiment fait plaisir sur le plan culinaire. En ce qui concerne le vin, des jeunes qui nous avaient pris en stop pour revenir du parc des chutes d'Iguazu (again, cf. Article précédent) nous avaient conseillés quelques bouteilles que nous essayons alors. Le Quara, un Malbec, remporte nos suffrages pour le moment. Franchement ça me fait mal de dire ça mais ils n'ont rien à envié aux vins français (en tout cas pour les vins moyens de gamme, nous n'avons pas goûté les grands crus, et bien entendu cela ne concerne pas le Muscadet, Hervé, il est inégalable!:p).

Nous avions déjà observé que l'Argentine était un pays beaucoup plus "occidentalisé" que ceux que nous avons pu visiter jusque là en Amerique latine notamment en ce qui concerne les moeurs, les coutumes et la mode. Buenos Aires nous en donne la preuve définitive. Même si le pesos argentin n'est pas la monnaie la plus forte du monde, on sent que le pays est plus riche, et la population plus moderne, moins ancrée sur l'héritage de son passé pré et post hispanique. Hé il y a même le metro ici! Haaaa ça faisait 3 mois que j'avais quitté mon métro parisien, l'émotion qui m'étreint lorsque je pose mon premier pied sur l'escalier roulant nous emmenant sur les quais souterrains n'a pas de mot pour être décrite! ;)

Ici nous avons même pu voir Iron Man 3 au cinéma en VO! François content! Et les bars que nous visiterons (enfin surtout Anaïs, moi j'allais me coucher après le diner (et après m'être lavé les dents bien sûr)) ressembleront beaucoup à ceux que l'on peut trouver à Paris.

Voila ce qu'on pouvait dire sur Bs As... Après 4j nous décidons qu'il est temps d'arrêter de glander et de mettre le cap sur la Patagonie. Je vous l'ai dit, les bus en Argentine sont topissimes mais aussi exceptionnellement cherissimes! Il est donc aussi temps pour nous de tenter le stop:) D'après nos 2 amis polonais rencontrés à Potosi ça marche très bien dans ce pays, notamment avec les camions qui le traversent de long en large (réseau ferroviaire médiocre et très peu développé). Nous prenons tout de même un train pour sortir de la capitale, jusqu'à Bahia Blanca. Ce fut une expérience peu réjouissante, 14h dans un vieux machin brinquebalant pour faire 500km... L'horreurrrr! Une fois à Bahia Blanca, un bus nous amène à la sortie sud sur la Ruta 3, route reliant Bs As à Ushuaia et là nous posons nos sacs et levons le pouce. Comme Anaïs refuse de se mettre en bikini (un sens du sacrifice exemplaire, je suis d'accord!) cela prend un peu de temps, mais après 45min un 1ier camion nous prend et nous avance de 300km... Nous sommes toujours au milieu de nulle part, mais plus près de notre destination, c'est à dire de Puerto Madryn sur la côte Atlantique. Toutefois à ce moment là la chance nous sourit! Mario, un camionneur adorable s'arrête et il se trouve qu'il va jusque Puerto Madryn! Nous sympathisons très rapidement. Même si le stop présente l'inconvénient de ne pas vraiment pouvoir se reposer durant le voyage (ce ne serait pas très poli de s'endormir une fois monté à bord ou de sortir son bouquin pour lire) il nous a fourni de très longues et intensives séances d'entraînement à l'espagnol, et nous a permis de rencontrer, de parler et d'apprendre à connaître des argentins dans leurs vies quotidiennes. La plupart des chauffeurs ont été très sympas, partageant leur Maté, fameuse boisson chaude argentine qu'ils boivent dans de petites tasses spéciales, et nous raccontant leurs vies. Mario nous a aussi offert à manger, nous a permis de mettre notre musique sur son poste, et Carlos, un autre chauffeur qui nous emmènera quelques jours plus tard à Rio Gallegos me donnera son 2ème bonnet lorsque je lui dirai avoir perdu le mien. Bref c'est cool.... Sauf que les horaires et les lieux d'arrivée ne sont pas toujours idéaux. Pour Puerto Madryn, nous arrivons à minuit et la Ruta 3 sur laquelle continue Mario avec son camion passe à 7km de la ville... Il n'y a pas une seule lumière sur la route, il fait nuit noire. Quelques voitures passent, mais qui irait prendre 2 autostoppeurs en rase campagne à minuit ? Dans le genre film d'horreur à fin tragique on fait pas mieux. Nous comprenons donc rapidement que c'est à pied, à la lampe torche et avec nos 15kg sur le dos que nous devrons couvrir les 7km nous séparant de la ville et d'un lit bien chaud.

Tout ceci est réalisé en à peu près 1h30, heure à laquelle nous nous endormons à Puerto Madryn, pour rêver des baleines que nous verrons peut-être le lendemain... Buenas noches.

Les chutes d'Iguazu

27/06/2013

Nous débutons notre périple argentin par... 24h de bus, tout simplement. Ayant passé plus d'une semaine dans le sud de la Bolivie il n'est pas forcément utile de s'éterniser au nord ouest de l'Argentine, relativement similaire. Ce long trajet nous amène à Puerto Iguazu, d'où nous visiterons les fameuses chutes du même nom. C'est en compagnie de Lex et Martina que nous voyageons alors, couple de hollandais très sympa rencontrés à Salta et qui finissent un tour du monde relativement similaire au notre mais dans le sens inverse. Dans cette première ville d'Argentine nous changeons nos 1000$ tirés en Bolivie. On nous avait prévenu : arriver avec le max de dollars en Argentine car le taux de change au marché noir est beaucoup plus important... et en effet nous les changeons à 8.6 pesos au lieu de 5.2 au cours officiel!! Les 24h de bus se passent plutôt bien, les bus ici c'est carrément la classe, diner et petit dej inclus, de la place pour allonger les jambes et le dossier, eau chaude à volonté pour le café etc... Et puis on a l'habitude maintenant. Ce qui est dingue c'est qu'en France si on m'avait dit de faire 24h de bus j'aurais cru que la personne n'était pas saine d'esprit pour dire des énormités pareilles, mais ici c'est la routine, et ca passe plutôt bien.

A Puerto Iguazu les hostels sont plutôt chers, nous optons donc pour un camping tenu par un vieux babacoul adorable.

Le soir avec Lex et Martina nous faisons notre première expérience de viande argentine dans un petit comedor, avec plateau de charcuterie et fromage en prime... Un délice, après 3 mois d'abstinence culinaire je renais littéralement:) La ville est située à l'exacte intersection de 3 pays : Argentine, Brésil et Paraguay, nous nous faisons ainsi avoir sur des prix pensant ceux-ci affichés en Pesos argentin alors que c'était en Reals brésilien (nous avons donc payé notre viande un peu plus cher que prévu...).

Le lendemain matin, mercredi 5 juin, nous faisons du stop pour nous rendre au parc, ou nous arrivons seulement 30min après les hollandais (nous en ferons pour revenir et idem le lendemain pour y retourner, ce qui nous fera somme toute économiser pas mal d'argent). Ce premier matin au parc est assez brumeux mais le temps de prendre un petit train pour rejoindre les Gorges du Diable, le ciel se decouvre peu à peu. Ces gorges constituent une des extrémités des chutes d'Iguazu. Il s'y produit un gigantesque et assourdissant deluge d'eau d'une puissance inimaginable sur plus de 80m de hauteur. Des éclaboussures et de la vapeur d'eau remontent à plusieurs dizaines de mètres au dessus du haut de la chute(!!), nous arrosant au passage, pitoyables humains venus observer cette démonstration de force de dame nature depuis des passerelles situées au bord. Ce premier aperçu des chutes nous subjugue totalement.

Il est possible de voir les chutes du côté argentin et du côté brésilien. Dans l'idéal il faut faire les 2, mais ce n'est pas vraiment pratique vu qu'il faut ressortir du parc pour passer la frontière et cela revient cher (payer l'entrée 2 fois). Nous nous limitons donc au côté argentin qui est de toute façon beaucoup plus vaste que l'autre. Après les Gorges du diables, 2 circuits s'offrent à nous sur une autre partie des chutes, un s'aventure au pied des chutes et se balade dans la forêt avoisinante et l'autre s'en va les surplomber juste à leur bord sur une grande partie. Malheureusement l'île de San Martin, le 3ème point de vue principal, est fermée car l'eau du fleuve est trop haute. Elle restera fermée 3 jours, et bien sur comme la chance nous sourit, les 2 jours que nous passerons au parc tombent en plein dedans... Enfin bref ce n'est pas grave, les 2 circuits haut et bas sont absolument grandioses! Nous commençons par le bas où nous croisons une multitude de Cohatis, sorte de gros furets montant au arbre et adorant piquer de la nourriture aux visiteurs. Lorsque j'ai le malheur de sortir mon paquet de gateau et de faire tomber quelques miettes, ce sont au moins 10 d'entre eux qui se mettent à me courir après pendant bien 30 secondes (mais je les ai semés! Haha! Homme vs Nature : 1-0).

Depuis les passerelles du bas une incroyable vue d'ensemble sur les chutes s'ouvre à nous. Au milieu de ce panorama d'apocalypse aquatique se trouve l'île San martin, à sa gauche le fleuve remonte par un étroit canyon vers la Gorge du diable que nous apercevons au loin et à sa droite, s'étalant sur au moins 500 mètres en ligne droite, la plus grande partie des chutes déversent sans relâche et avec fracas les eaux du Rio sur une hauteur vertigineuse. Le ciel est à ce moment là complètement dégagé, ce qui donne naissance à un magnifique arc-en-ciel, complétant ce tableau de parfaite manière.

Une passerelle nous amène jusqu'au pied d'une des chutes (enfin presque car je ne pense pas que l'on puisse survivre en recevant un tel poid d'eau sur la tête, que ça soit nous ou la passerelle d'ailleurs), où les éclaboussures suffisent pour nous tremper de la tête au pied en quelques secondes. Je me mets donc torse nu et vais au bout faire une petite danse de la pluie avec Anaïs (qui elle n'est malheureusement pas torse nu, elle). La puissance de ces eaux est encore plus flagrante vue d'ici. Rendez-vous compte, les chutes d'Iguazu c'est 39000 mètres cubes d'eau par seconde!! Ah tient pendant que j'y suis à donner des infos, vous verrez sur les photos que l'eau est rouge-marron. Ceci survient après de fortes pluies. Du fait de la déforestation en amont, dès qu'il pleut la terre est emportée et vient colorer l'eau. Ceci est néfaste d'une part pour les poissons qui se retrouvent moins facilement pour se reproduire et d'autre part pour les oiseaux, dont les condors, qui voient moins bien leurs proies sous la surface... (come quoi, la déforestation c'est mal).

Sur le circuit du haut, les passerelles enjambent les chutes juste à leurs extrémités. La vue sur l'explosion de vapeur d'eau en contre-bas est fantastique ainsi que sur le fleuve en aval et la forêt le bordant. Le fait d'observer l'eau arriver sans fin pour se précipiter en bas a un certain côté attractif. L'envie de sauter par dessus la barrière pour se laisser entraîner dans ce gigantesque toboggan n'est pas loin (mais nous la réfrénons, rassurez-vous). Et enfin comment ne pas penser depuis cet endroit à toutes ces scènes de films et de dessins animés où les héros coincés sur un radeau de fortune s'aperçoivent un peu tard que le fleuve s'arrête soudainement au loin (hoho...) et commencent alors à pagayer frénétiquement à contre-courant... Dans le cas d'Iguazu je leur souhaite de réussir:) Avant de rentrer en ville nous retournons voir la Gorge du diable, maintenant que le temps est complètement dégagé nous en profitons encore plus.

Le jour suivant, jeudi 06 juin, nous prenons une journée supplémentaire pour retourner voir les chutes. Il y a encore quelques coins à explorer et puis le 2ème jour, c'est moitié prix. Ainsi, après être retournés aux endroits qui nous ont particulièrement plus la veille, nous entamons les 4km de marche en forêt pour rejoindre une autre chute isolée. Intérêt : une piscine naturelle s'est formé au pied et il possible de s'y baigner!! François baigner! L'eau n'est pas extrêmement chaude (sans blague) mais ca passe. Qui plus est un éboulement rocheux a laissé un gros tas de pierre sous la cascade sur lequel je grimpe pour m'asseoir (enfin à une extrémité car juste dessous ca faisait un petit peu mal:p). J'ai quand même pris une grosse gifle qui m'a éjecté mes lunettes de soleil au fond de l'eau (oui j'avais gardé mes lunettes, et non ce n'était pas du tout une mauvaise idée comme me l'avait dit Anaïs), mais que je retrouve miraculeusement au premier essai (je n'en reviens toujours pas). Des touristes ont apparemment demandé à Anaïs si je n'étais pas un peu fou, et je la soupçonne d'avoir dit oui. En tout cas c'était bien bien sympa!

Sur ces péripéties nous rentrons en ville où notre bus pour Buenos Aires nous attend. Pfff ça va, on en a seulement pour 18h, aucun problème! ;)

Hasta la vista baby!